Volume 9 No 1





Ringo Rama: étoile étincelante


par Alain Lacasse

Il y a 2 grandes périodes qui ont marqué la carrière de Ringo Starr. La première allait de 1970 à 1975 et la seconde a cours depuis le début des années 90. Ringo Rama représente assurément le sommet de cette dernière période ( il y a 2 ans, il nous disait que ce disque serait peut-être son dernier, espérons que non).

Ringo Rama peut être considéré comme le volume 2 de l'album Vertical Man. L'ambiance musicale est semblable. Sauf que le volume 2, c'est à dire Ringo Rama, m'apparaît supérieur à Vertical Man. Voyons ça de plus près.

La réalisation de Ringo et Mark Hudson est impeccable. La qualité des chansons est excellente. La prise de son et la performance des musiciens est irréprochable. Ringo Rama offre une variété de styles musicaux. Nous y retrouvons du rock, du pop, du country-rock, du country, du blues et de la ballade. Voici quelques titres qui se démarquent:

Eye To Eye: c'est la première chanson du CD. Excellent rock énergique.
Missouri Loves Company: ballade rythmée de style Beatles. Très mélodique.
Instant Amnesia: en ce qui me concerne, c'est la meilleure pièce du disque. Blues pesant rappelant Yer Blues. Brillant petit passage de jazz au milieu. Formidable solo de guitare par David Gilmour. Finale à la Cold Turkey.
Memphis In Your Mind: rock accrocheur entraînant.
Never Without You: hommage à George Harrison rappelant son style musical très mélodique. Magnifique guitare d'Eric Clapton. Les paroles contiennent de nombreux titres et citations de chansons de George.
Imagine Me There: très belle ballade rappelant les mélodies de John Lennon. Les arrangements sont brillants.
I Think Therefore I Rock'n Roll: très bon rock mélodique et commercial.
English Garden: excellente composition pop. Petit clin d'oeil à McCartney et son Let'em In. Trop court à mon goût.
I Really Love Her: savoureuse chanson country qui est cependant trop courte.

Soyez sans crainte, les autres chansons sont aussi bonnes que celles-ci.

Ringo Starr chante mieux que jamais. Il continue d'exceller à la batterie. De plus, Ringo Rama nous permet de l'entendre aussi aux claviers et aux guitares acoustique et électrique. Même que sur la chanson I Really Love Her, Ringo joue tous les instruments incluant la basse et la slide guitar. Et ce n'est pas gênant. Au contraire, c'est plutôt agréable.

Ringo Rama contient 13 chansons plus une quatorzième, cachée. Elles sont composées par Ringo, Mark Hudson et leurs acolytes qui les entourent depuis Vertical Man.

Ringo Rama est un prolongement heureux de Vertical Man. C'est vrai du point de vue musical mais c'est aussi le cas pour la pochette. A l'instar de Vertical Man, le CD Ringo Rama conserve l'idée de collage pour la pochette. Il n'y a qu'un seul point négatif à relever sur cet album: l'absence des paroles des chansons dans le livret.

Mais ne boudons pas notre plaisir. Si vous avez aimé Vertical Man, Ringo Rama vous ravira. Il mérite un bon 8,5 sur 10. Koch Entertainment a misé juste en offrant un contrat à Ringo. Ce disque le prouve. Pour terminer, sachez que la première édition de Ringo Rama vient avec un DVD fort intéressant. Ce petit plus ne vaut que pour un temps limité.

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The Family Way
Le premier projet solo de Paul dépoussiéré et embellie



par Benoit L’Herbier

En 1967, les frères Boulting , des producteurs de films britanniques, demandent à Paul McCartney s'il aimerait écrire la musique de leur prochain film mettant en vedette Hayley Mills.

Le Beatle, à la fois surpris et flatté par cette demande, acquiesce et s'empresse de demander, en fait d'exiger, la collaboration de George Martin. Paul est bien bon et bien populaire, mais ne sachant pas coucher une note de musique sur papier, il lui faut quelqu'un pour donner forme à ses idées musicales.

Paul pond un thème qui convient parfaitement au film. Il sera joué par un orchestre à cuivres, une formation musicale très populaire dans le Nord de l'Angleterre où se situe à la fois Liverpool et l'action du film. Il confie sa composition à son ami de producteur, lui dit comment il voit le produit fini et il passe à autre chose.

Un thème c'est bien beau mais ce n'est pas beaucoup quand on doit faire la musique de tout un long-métrage. George Martin rapplique donc chez Paul à Londres, le dérange en pleine session d'écriture avec John et, au bord de la panique, lui dit qu'il lui faut un autre thème, plus romantique celui-là, pour le film qui, en passant, doit sortir quelques semaines plus tard.

Pas de problème lui dit Paul. Il dit à John d'aller faire un tour dans son jardin, très anglais, et, en deux temps trois mouvements de piano, pond un autre thème comme seul il peut en imaginer. « Merci, dit George Martin, j'ai ce qu'il me faut. »

C'est à peu près ainsi que Paul McCartney en est venu à « écrire » la musique du film The Family Way, en 1967.

Le producteur Michel Laverdière avait eu la bonne idée de ressortir ces thèmes pour des enregistrements au cours des années 90, mais, cette fois-ci, il réussit un grand coup : il nous offre la bande originale du film telle qu'interprétée par The George Martin Orchestra.

En fait, ce qu'il nous offre, c'est la musique du film dépoussiérée (reproduction sonore impeccable) et même embellie. En fait c'est presqu'une compilation puisque le CD, en plus de la musique du film, regroupe aussi les Variations concertantes Opus 1 interprétées par Claude Aubut, accompagné du Quatuor à cordes Claudel (1995), ainsi que les pièces du Quatuor La Flûte Enchantée (1996) reprenant le thème. En tout, le CD comprend 25 pistes !

Il est indéniable que la musique de Paul exécutée par George Martin a un intérêt historique autant que musical. Il s'agissait du premier projet solo de Paul, et comme ce fut le cas pour John avec How I Won The War, c'est le cinéma qui permit à un Beatle de s'exprimer en dehors du cadre du groupe.

Laissons de côté l'Histoire pour parler de la musique.
Les deux thèmes composés par Paul sont aussi distincts que possible.
Le premier, qu'on peut entendre au générique, est tout ce qu'il y a de plus British. Il est joué par un orchestre à cuivres typique – certains diront une fanfare – qui réussit à donner tout de suite une atmosphère bien particulière au film. Le deuxième, Love in the Open Air est une valse romantique au thème fort joli.

Tout au long des 13 pistes de la partie bande originale, on entend donc des variations de ces deux thèmes dont certaines, avec leurs orchestrations typiques, rappellent à merveille les Swinging Sixties londoniens. Austin Powers n'est pas loin.

À l'écoute de la musique du film, on voit aussi très bien comment elle a pu inspirer Carl Aubut et la Flûte Enchantée car, dans certaines versions, la guitare classique et la flûte prédominent.

Le menu proposé par Michel Laverdière a tout pour emballer les amateurs de Beatles et de belle musique. Même si, à l'écoute active, les pièces deviennent un peu répétitives, en ambiance et en arrière-plan, il s'agit d'un CD qui possède tous les ingrédients pour plaire.

Et après l'écoute du CD, on ne doute pas des talents de Paul pour écrire des mélodies qui se retiennent facilement. Les deux thèmes ne nous sortent plus de la tête.

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