Volume 8 No 4





Le dernier des dinosaures…


par Michel Laverdière

“ Donne-moi beaucoup de guitares... ” - George Harrison

“ Je veux un disque sur lequel de vraies personnes jouent de la guitare, enregistrées dans de vrais micros, sur de vrais rubans magnétiques... ” D’emblée, George Harrison annonce ses couleurs. Il veut un disque comme on en faisait à l’époque de la vraie musique...

C’est tout à fait le George Harrison cynique que l’on a toujours connu. Celui qui préférait “ écouter ” les Spice Girls à la télé... le son fermé ; celui qui a critiqué ouvertement U2 et Oasis, sans parler de tous les boy bands interchangeables. George Harrison, le dinosaure ! D’aucuns pourront argumenter sur la pertinence des propos de George, cependant une chose demeure certaine : il s’agissait de “ son ” disque, et lui seul avait le droit de décider de l’orientation musicale de celui-ci. Cela dit, on se retrouve ici avec un excellent cru et peut-être même l’un des meilleurs disques de George Harrison, du calibre des All Things Must Pass et Living In The Material World! Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il avait le goût de le faire. Rien à voir avec les soi-disant critères de réponse aux exigences d’une compagnie de disque ou pour combler le vide créé par son absence médiatique. George avait des chansons. George avait le goût de les chanter et de les enregistrer. Le goût du plaisir, tout simplement.

Sur Brainwashed, toutes les chansons apportent un regard précis sur le monde qui l’entoure et George démontre qu’il n’a pas perdu l’acuité de sa “ vue ”. On y retrouve du George Harrison pure laine ; du George Harrison, le Beatle ; du George Harrison, admirateur de Bob Dylan ; du George Harrison, l’ami, le Travelling Wilburys ; du George Harrison, le mystique ; du George Harrison, le critique et surtout, du George Harrison, le musicien qui s’amuse...

Laissons d’abord parler les textes :

ANY ROAD - “ Si tu ne sais pas où tu vas, tous les chemins t’y conduiront ” et le dernier couplet : “ Il n’y a pas eu de commencement, il n’y aura pas de fin / Cela n’est jamais né et ne mourra jamais / Il n’y a pas de bords, il n’y a pas de côtés... ”

P.2 VATICAN BLUES - “ J’aurais bien aimé que quelqu’un me dise que ce n’était qu’un spectacle... ”

PISCES FISH - “ Il existe un temple sur une île / Je pense à tous les Dieux et à ce qu’ils ressentent / Tu ne peux les trouver que dans un profond silence / Je dois sortir de cette grande roue... ” “ Je nagerai jusqu’à ce que je trouve ces eaux / Cet océan de félicité illimitée qui coule à travers tes parents / Tes fils et tes filles mais qui est si facile pour nous de manquer...”

LOOKING FOR MY LIFE - “ Je n’ai jamais su que la vie était chargée d’explosifs / Je ne fréquentais que les oiseaux et les abeilles / Je n’ai jamais su que les choses explosaient / Je ne l’ai su qu’une fois tombé à genoux essayant de retrouver ma vie, de retrouver ma vie... ”

RISING SUN - “ Mais dans le soleil levant, tu peux sentir que ta vie commence / L’Univers qui s’amuse dans ton code génétique / Tu as un million d’années aujourd’hui / Le soleil levant et son lieu d’origine sont en toi et le temps est venu de payer ta facture en retard... ”

MARWA BLUES - Pièce instrumentale : un véritable petit bijou...

STUCK INSIDE A CLOUD - “ La seule chose qui m’importe, c’est de toucher Tes pieds-pareils-aux-lotus / Je me parle à moi-même et je crie de toutes mes forces / Je n’entends que moi-même / Je suis prisonnier à l’intérieur d’un nuage ”

(CAN ONLY) RUN SO FAR - “ Nuits solitaires à voyager au loin / Il n’y a pas d’évasion possible, tu ne peux aller plus loin / Larmes de solitude, la nuit venue / Il n’y a pas d’issue, tu ne peux aller plus loin...”

NEVER GET OVER YOU - “ Tu me touches et mon coeur bat à tout rompre / Tant de choses sont écrites sur ton visage / J’ai su dès ton arrivée qu’aucun mot ne pourrait décrire ce que ton amour m’a fait faire / Je ne pourrai jamais t’oublier ”

BETWEEN THE DEVIL AND THE DEEP BLUE SEA (Arlen/Koehler) - “ Je devrais te détester, mais je crois que je t’aime / Tu m’a eu entre le diable et la mer bleue et profonde... ”

ROCKING CHAIR IN HAWAI - “ Ainsi, si tu t’occupes encore à cacher ce que tu possèdes / Si tu es terrorisée de perdre ce que tu chéris / peut-être vogues-tu à reculons alors que tu crois avancer... ”

BRAINWASHED - “ Programmés dans notre enfance / Programmés par l’école / Programmés par nos professeurs / Et programmés par tous leurs règlements... ” “ Dieu / Tu es la sagesse à laquelle nous aspirons / L’Amant qui nous manque / Ta nature est éternelle / Tu es l’Existence, la Connaissance et la Félicité ”

Et la musique ? Il faut l’écouter vous-même... Moi, j’aime ! Ici, ce ne sont que des mots à lire avec vos yeux et non des notes de musique à écouter avec vos oreilles... À votre tour de faire un petit effort…

Pour revenir au début de cette page

 


A Hard Day’s Night
L’attente en valait la peine



par Alain Lacasse

C’est en début d’octobre 2002 que la compagnie Alliance Atlantis Vivafilm a lancé au Canada la nouvelle version du premier film des Beatles A Hard Day’s Night (1964) en formats DVD et vidéo.

La restauration de ce film de Richard Lester est magnifique. Les producteurs, feu Walter Shenson en tête, ont offert un produit de grande qualité. Qualité impeccable de l’image et bande sonore 5.1 DTS. On est à la fine pointe de la technologie. Il est cependant regrettable qu’on ait pas eu les chansons des Beatles en 5.1 ou en stéréo. La musique est en mono, comme en 1964. Le film est offert en format panoramique, pour le DVD et en format plein écran pour la cassette vidéo. Celle-ci bénéficie aussi d’un supplément, soit un court documentaire. Toutefois, le DVD vaut son pesant d’or car le tout se présente dans un ensemble de deux disques DVD. Des suppléments, “y en a des tonnes ”. J’ai bien aimé, entre autres, les entrevues avec les acteurs (aucune avec les Beatles, bizarre!), Klaus Voorman, George Martin et le documentaire sur Wilfrid Brambell. Il faut toutefois déplorer l’absence des bandes-annonces originales que nous retrouvions dans la précédente édition de ce DVD qui a paru il y a quelques années chez MPI.

Outre la version originale anglaise, le DVD offre aussi un tout nouveau doublage français réalisé au Québec et très bien réussi. Cependant, contrairement à la version anglaise, l’introduction de la chanson I Should Have Known Better a été coupée de quelques secondes au début dans la version française. C’est sûrement une erreur technique. Vraiment dommage.

Pour conclure cette critique, voici en exclusivité pour vous, chers lecteurs du RQABulletin, quelques informations supplémentaires que m’a communiquées Réjean Filion — que je remercie en passant — de la compagnie Alliance Atlantis Vivafilm :

La version française du film A Hard Day’s Night (Quatre garçons dans le vent) offerte en format vidéo VHS comprend un générique en français. Très rare. Avis aux collectionneurs.

La nouvelle version française du premier film des Beatles a été réalisée par l’équipe de doublage de chez Alliance Atlantis Vivafilm à Montréal, soit Louise Belleau et Isabelle Gingras. Le texte et le doublage ont été adaptés par Bérangère Rouard et Thibaud de Courrèges et dirigés par le comédien bien connu André Montmorency.

Maintenant, je vous présente les comédiens québécois qui ont doublé les personnages du film : John/Benoit Gouin, Paul/Martin Watier, Ringo/François L’Écuyer, George/Daniel Lessard, Grand-père de Paul/Yvon Thiboutôt, Norm/Denis Mercier, Shake/Jean-Luc Montminy, le régisseur télé/Jacques Lavallée et Johnson (le méchant vieux dans le train)/ André Montmorency.

Bravo à vous tous pour votre excellent travail.

A Hard Day’s Night est un film remarquable et incontournable pour les admirateurs des Beatles. Cette nouvelle version DVD-VHS est formidable. Je vous la recommande, vous en aurez pour votre argent.

P.S. : Pour ceux que ça intéresse, on ne retrouve pas les chansons I’ll Cry Instead et You Can’t Do That dans cette nouvelle version du film. Celle-ci est fidèle à la version originale de 1964.

Pour revenir au début de cette page