Volume 5 No 4





I Wanna Be Santa Claus
Le cadeau de Ringo

par Alain Lacasse

Le nouveau disque de Ringo Starr "I Wanna Be Santa Claus" est, en fait, le tout premier album de Nol enregistré par un Beatle. Ce nouvel enregistrement est excellent. Si vous avez aimé les disques "Vertical Man" et "VH1 Storytellers", cet album de Nol vous comblera. Le style, le son et les performances de Ringo et ses musiciens sont du même calibre que ce que nous retrouvons sur les albums précédemment mentionnés. Autant à la batterie qu'au chant, Ringo est en très grande forme.

"I Wanna Be Santa Claus" offre 6 chansons originales de Nol et autant de reprises de pièces incontournables pour les Fêtes. En ce qui concerne les nouveautés, Ringo nous brasse la cage avec "Come on Christmas, Christmas Come On" au son "Glam Rock" comme le pratiquait Gary Glitter, T-Rex, Slade et Sweet. Les ballades "Christmas Eve" et "Dear Santa" mettent en évidence la voix de Ringo. Nous le sentons vraiment plus mature comme chanteur. Le célèbre batteur des Beatles se paie aussi une excellente chanson country avec "The Christmas Dance" et conclut son album avec une chanson de Nol indienne "Pax Um Biscum". Vous serez étonnés. C'est la première fois que j'entends une chanson de Nol avec du sitar, du tamboura et des tablas. Au fait, pour ceux que ça intéresse, Paul McCartney et George Harrison n'ont pas participé à ce disque.

Les versions de standards de Nol par Ringo sont tout aussi étonnantes. "Winter Wonderland" débute avec un piano au style boogie et se termine avec une reprise de la chanson "I Was Walkin" du disque "Vertical Man" en guise de clin d'oil. "The Little Drummer Boy" était inévitable. Les arrangements de batterie et percussion sont apparentés à ceux d'un vieux succès de Ringo "Back Off Boogaloo" avec comme glaçage des cornemuses. "Rudolp The Red-Nosed Reindeer" adopte un style plus rock. À la fin de la chanson, Ringo s'amuse à modifier le titre de la pièce de façon à lui donner un petit cachet humoristique. Nous avons aussi droit à une nouvelle version de "Christmas Time Is Here Again", seule composition de Nol des Beatles, qui, toutefois, n'offre guère de différence par rapport à la version originale entendue sur le CD "Single" "Free As A Bird" en 1995. Le classique d'Elvis Presley "Blue Christmas" adopte un style résolument country qui sied très bien à M.Starr. La dernière reprise est une excellente version reggae du classique de Bing Crosby "White Christmas". Ringo y est très à l'aise.

Comme "Vertical Man", "I Wanna Be Santa Claus" offre une variété de styles musicaux allant d'un rock bien matrisé à une puissante pop sans oublier deux bonnes ballades et des clins d'oil country.

Je me répète car ça en vaut la peine. C'est très bon. " I Wanna Be Santa Claus " de Ringo Starr sur étiquette Mercury.

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Paul McCartney, Magical Mystery Tour
Historique, Technique, Magique

par Jean Laquerre

En décembre 1989 j'ai eu la chance de voir le spectacle Montréalais de la tournée de Paul McCartney. Il n'était pas venu en spectacle à Montréal depuis 25 ans. Je n'allais pas manquer ça!

J'avais d'ailleurs déjà dit à mon "boss" que si Paul McCartney venait en spectacle près de Québec j'y serais! Et pour moi, près de Québec incluait Montréal, Boston, New-York, Toronto!!! Paul à Montréal était donc pour moi une chance à ne pas manquer. Même si le producteur Michel Brazeau de Québec avait réservé le Colisée (1) je ne risquerais pas de manquer ce spectacle.

A Montréal pour la première fois en vingt-cinq ans! 1ère étape: achat des billets : On se lève très tt ma compagne et moi pour être au comptoir Billetech les premiers ( Bon , ok , 5 ou 6ième). Ni La Baie, ni Billetech ne prévoyant ce genre d'événement suffisamment bien, c'est un gars de la gang qui, arrivé en premier sur les lieux, prenait les noms et l'ordre d'arrivée des fans. Un très bon point pour lui. Si ce n'était du type qui a dépassé tout le monde en entrant par une autre porte pour acheter des billets pour un gala de lutte cela aurait été parfait! Mais j'ai quand même eu douze bons billets (maximum six par personne, mais ma compagne était là pour ça aussi.) J'avais des amis à inviter, des faveurs à obtenir et je savais que je ne resterais pas collé avec mes billets. Je ne les ai même pas vendus au noir. À noter qu'en 75 minutes il n'y avait plus de billets!

"Venus And Mars Are Alright Tonight" donc: allons à Montréal.
Première surprise agréable, tel qu'appris par des sources variées, on nous offre des programmes gratuitement à l'entrée. Ils sont là, empilés pour notre plus grand plaisir. Collectionneur, j'en ai pris trois. McCartney voulait que les spectateurs aient un programme à se mettre sous la dent. Comme au thétre. Génial! Impressionnant même. Des textes, des photos: un beau souvenir. Parmi les nombreuses photos on peut y voir Paul et John jouant du violon avec les deux Hofner de Paul!

Passage obligatoire par le comptoir des souvenirs où je fis le plein de programmes (payé celui-là), épinglettes et gilets.

Passons maintenant dans l'enceinte même du Temple des Glorieux. a débute par un film de Richard Lester, réalisateur de "A Hard Day's Night" et "Help" qui illustre, sur trois écrans, les 25 dernières années, ponctué par des images des Beatles. Vraiment très bien fait.

On constate alors que le son sera bon. C'est toujours risqué dans un show rock. Le fait que ce soit McCartney n'empêche rien à ce risque. (Les Stones m'ont déçu au stade deux fois. Mais cela peut être d au fait que j'étais près du plafond!) Mais ce 9 décembre 89 au Forum, j'ai eu droit à un show éblouissant et époustouflant.

Avant même de vous parler du contenu j'aimerais aborder l'aspect éclairage de ce spectacle. Il a été conçu par Mark Brickman. Le même concepteur que les spectacles de Pink Floyd. Pas un deux de pique. Petit cours d'éclairage 101: quand McCartney jouait aux Odéons et autres Granadas dans le nord de l'Angleterre, il avait droit à 3 ou 4 couleurs qui clignotaient au gré du te chnicien/gardien/concierge de la place.

De nos jours 3 à 400 lampes éclairent une scène. Mais pour la tournée intérieure de McCartney, Brickman utilisa 127 lampes. Seulement 127 lampes! Mais des lampes robotisées toutes sur des nacelles elles-mêmes sur des rails qui surplombaient la scène. Une scène mobile qui permettait à Linda et ses claviers de survoler le batteur! Un régal pour les yeux.

Bon résumons: On a un très bon film d'ouverture, un bon son, des éclairages géniaux, un placier de l'ge de Maurice Richard qui danse dans l'allée à cté de moi, ça promet.

Paul a tenu promesse. Après avoir ouvert sur une pièce de son dernier album il nous fit revivre un peu de la magie des Beatles. Ils étaient quatre. Il est dans son droit de réclamer au moins une part de cette page de l'histoire de la musique de notre siècle. Il agrémenta notre soirée de pièces de son album russe, de pièces de ses débuts avec les Beatles et de sa carrière solo. Pas de première partie pour Sir Paul (2). Plus de deux heures de spectacles en compagnie de sa femme Gertrude(!) (3) Je ne vous donnerai pas la liste des chansons, ou des instruments utilisés lors de ce spectacle. "Tripping The Live Fantastic" en est un portrait suffisamment fidèle. Je garde de ce spectacle le souvenir de mon meilleur show. J'ai vu Bowie à Québec, Supertramp au Parc Jarry, les Stones au Stade, les Beach Boys au Colisée et quelques autres. Ce fut le meilleur spectacle que j'ai eu la chance de voir, d'entendre, d'y être.

Je n'aurai jamais vu les Beatles en spectacle mais ce soir de décembre 89, je fus comblé.

Mon "boss" actuel est prévenu: si Paul McCartney venait en spectacle près de Québec...

Note: (1) ceci me fut confirmé par un de ses collaborateurs Tex et par le "Beatles Monthly Book" qui y annonçait le show de Québec avec les dates!
(2) Bon d'accord il n'a eu ce titre que beaucoup plus tard mais il le méritait déjà!
(3) Je n'ai jamais su pourquoi Paul rebaptisait Linda à chaque show.

Musicalement vtre!

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Working Classical

par Marie-Josée Pelletier

En cette période heureuse et détendue deux semaines avant les examens de fin de session à l'université (seigneur, je veux mourir MAINTENANT !), j'ai pris une pause des Staphylococcus aureus, Escherishia Coli et leurs amies pour écouter et faire la critique du plus récent album de Sir Paul McCartney: "Working Classical". Je voudrais aussi profiter de cette occasion pour vous faire part de la profonde stupeur qui m'a envahie il y a quelques semaines lorsque j'ai lu dans le journal que, selon un sondage public en Grande-Bretagne, les Beatles sont les plus grands musiciens tenez-vous bien du millénaire. Mozart vient loin derrière en sept ou huitième place. A VA PAS??? Les Beatles étaient plus populaires que le Christ, c'était déjà fort, mais plus grands musiciens que Mozart?? On revient sur Terre s.v.p. J'ai bien failli m 'étouffer avec ma "toast" au beurre de peanuts en lisant ça.

Mais enfin revenons à nos moutons, en l'occurrence cet album instrumental de 14 pièces pour orchestre ou quatuor à cordes. La majorité des pièces sont des reprises des plus belles chansons composées en l'honneur de Linda et qui ont été jouées lors de ses funérailles. Les autres pièces sont des pièces instrumentales jamais endisquées auparavant (exception faite pour "A Leaf" qui est présente sur ce disque en version pour orchestre) D'abord, précisons que trois des pièces sont interprétées par l'orchestre symphonique de Londres sous la direction de Lawrence Foster ("A Leaf" et "Spiral") ou de Andrea Quinn (Tuesday). Je dois avouer que j'ai été un peu déçue d'apprendre que Sir Paul a reçu BEAUCOUP d'aide pour l'orchestration de cet album. En fait, il a à peu près seulement développé les idées de base et composé les mélodies de base si j'interprète bien ce qui est dit dans le livret.

Le disque débute très joliment avec la magnifique pièce "Junk" interprétée par le Loma Mar Quartet. Les arrangements sont très réussis, le thème principal étant repris à tour de rle par les différents instruments (un quatuor est composé de deux violons, un alto et un violoncelle). L'un des plus grands points forts de cet album est l'interprétation irréprochable des musiciens.

"A Leaf", la deuxième pièce, jouée par l'orchestre symphonique de Londres est un véritable bijou. L'interprétation est sensible, magnifiquement nuancée et d'un professionnalisme impressionnant (on ne saurait toutefois espérer moins d'un orchestre si renommé). Cette pièce est selon moi le clou de l'album, et de loin. La version pour piano était déjà splendide, mais ceci est encore mieux grce à des timbres plus variés et, par le fait même, des émotions mieux rendues, plus nuancées. La partie centrale de la forme d'arche (partie correspondant au "climax") est d'une douceur incroyable avec sa "conversation" entre une flte, une clarinette et un hautbois. Les nombreux changements de ton rendent la pièce vivante, peu statique et d'un intérêt toujours renouvelé.

"Haymakers", une autre des pièces inédites de cet album est plus courte que la précédente, avec un ton plus léger, joyeux. Le thème est joué par un violon qui est ensuite joint par le deuxième violon reprenant le même thème en harmonie. C'est une petite pièce "cute ", sans plus. La pièce suivante, "Midwife", mérite malheureusement peu d'attention.

"Spiral" est cependant assez intéressante. C'est une pièce d'inspiration impressionniste qui rappelle vaguement le début du "Prélude à l'après-midi d'un faune" de Claude Debussy, le premier impressionniste en musique (et le seul selon certains). Ce morceau nous donne une sensation intense de calme, de douceur et un certain "flou" caractéristique au style impressionniste. Ce style a de particulier qu'il est dépourvu de "climax", "Spiral" transgresse cependant quelque peu cette règle en quelques occasions. Il faut aussi avouer que cette pièce est loin d'être aussi "fuckée" et "floue" que ce que les impressionnistes purs pouvaient faire au début du siècle "Spiral" a cependant un cachet intéressant.

Suivent ensuite "Warm And Beautiful", "My Love", "Maybe I'm Amazed", "Calico Skies" "Golden Earth Girl", "Somedays", "She's My Baby" et "The Lovely Linda" dans leur version originale intégrale à la différence près qu'on a "shooté" les partitions inchangées à un quatuor à cordes plutt qu'à des guitares, batterie et chanteur. Nul besoin de préciser que personne n'a d suer très fort pour faire les arrangements de ces pièces. Il faut toutefois avouer que l'interprétation vient sauver la mise par sa qualité exceptionnelle. Les arrangements ont beau être rigoureusement identiques, le fait que des instruments différents soient utilisés apporte quand même un peu de variété. D'ailleurs, peut-on vraiment s'emmerder en écoutant des pièces d'une telle magnificence ? Si vous me demandez mon avis, un orchestre d'orangs-outans faisant un mix western de ces pièces ne saurait leur enlever tout leur charme.

Finalement, "Tuesday", la dernière pièce orchestrale de l'album, a été composée comme thème d'un film pour enfants basé sur un livre du même nom. C'est joli. a fait une bonne musique d'ambiance pour faire la vaisselle (ou whatever), mais ça risque peu de révolutionner le monde de la musique. C'est très bien pour accompagner un film, en fait.

En conclusion, selon moi, l'intérêt principal de ce disque est sans contredit les admirables pièces orchestrales inédites qu'il contient. "A Leaf", à elle seule, saurait me convaincre d'acheter le disque si je ne l'avais pas eu gratuitement. Le reste me semble faire figure de remplissage, mais comprenez-moi bien, le tout est d'une grande qualité. Finalement, si vous avez l'argent nécessaire sous la main, ça vaut la peine de vous l'acheter, mais sinon, n'hypothéquez pas votre maison (si vous voyez ce que je veux dire)...

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