Volume 5 No 2





Mon après-midi au 17ième ciel!

par Benoît L'Herbier

Le 26 mai 1969, vers 19 hrs, j'écoutais la radio comme d'habitude, CFOX probablement et l'animateur Roger Scott sûrement, lui qui était toujours au courant de tout, quand on nous annonce que John et Yoko vont arriver à 21h30 à l'aéroport de Dorval! John et Yoko à Montréal! Qu'est -ce qu'on fait? On appelle son meilleur ami, Robert Crevier et on répète: Qu'est-ce qu'on fait? Mais on s'en va à Dorval tout de suite voyons.

Je demeurais à Laval, je savais que Dorval était quelque part dans le "West Island", alors on aurait qu'à suivre les avions… Par quel chemin on est passé, je l'ignore. Je remercie d'ailleurs, pour la première fois publiquement ici, les bons samaritains qui se sont arrêtés pour nous embarquer et nous amener jusqu'à l'aéroport alors que nous faisions du pouce.

Finalement, on se retrouve dans l'aérogare, avec plusieurs centaines de personnes qui avaient eu la même idée que nous, et au loin, par dessus les têtes, on voit deux silhouettes poilues arriver et se faufiler à travers la foule pour se diriger vers la sortie. Wow! On a vu John et Yoko, enfin presque, alors on retourne à Laval et on est bien content.

Mais le lendemain, la fièvre du "Bed-In" de John et Yoko déferle sur Montréal et tous les journaux, toutes les radios ne parlent que de ça. Il paraît qu'ils sont à l'hôtel Reine-Élizabeth sur le boulevard Dorchester d'alors. Comme Montréal est encore plus près de Laval que Dorval, le lendemain je prend mon courage à deux mains de même que mes billets d'autobus et de métro, et je me dirige vers le Reine-Élizabeth. On ne sait jamais…

Dans le hall de l'hôtel c'est un peu le bordel. Impossible évidemment de savoir à quelle chambre logent John et Yoko et encore plus impossible de prendre l'ascenseur et de suivre de nombreuses personnes qui semblent savoir où elles s'en vont. Vous pouvez imaginer que je ne suis pas le seul à me présenter innocemment à l'hôtel. Il y a d'autres maniaques des Beatles comme moi. Et un justement avec qui je discute du merveilleux hasard qui a voulu qu'un des Beatles débarque en nos murs.

Il s'est lui aussi précipité à l'hôtel sans trop savoir ce qu'il y ferait, nourrissant le rêve fou de pouvoir rencontrer ou à tout le moins apercevoir, le génie musical/apôtre de la paix qui se fait "blaster" par les journalistes qui ne comprennent vraiment rien à son message. En discutant, j'apprend qu'il travaille à Radio-Canada et au moment où il mentionne le nom de la société d'État, on se tait, on se regarde avec de grands yeux et un "flash" nous ébranle tous les deux en même temps: Radio-Canada, CBC, télévision, média, presse…John est venu ici pour répandre sa bonne nouvelle de paix mondiale. Il veut rencontrer les médias. Un et un font deux. Un et un font même un, sept, quatre, deux. Avec tout le front qu'un jeune de 17 ans, moi en l'occurrence et un autre à peine plus âgé, peuvent avoir, on se dirige aussi calmement que possible vers l'ascenseur et dès qu'un gardien de sécurité nous demande ce que nous faisons là, mon ami lui montre sans trop trembler, sa carte d'employé de Radio-Canada. Il aurait aussi bien pu être balayeur, je ne l'ai jamais su, mais il possédait une carte dont la valeur dépassait celle de bien d'autres que j'ai eues par la suite. Cette carte nous donna accès au saint des saints, la chambre 1742 du Reine-Élizabeth où John Lennon et Yoko Ono tenaient un "Bed-In".

Je me suis donc retrouvé, par un bel après-midi du mois de mai 1969, dans la chambre de John et Yoko, assis par terre au pied du lit, et …j'aimerais tellement vous raconter tout ce que j'ai vu et entendu. Mais je ne me souviens de rien de précis. Sauf que j'étais au nirvana. Je me souviens que j'étais au paradis, mais je ne me souviens pas de la couleur des nuages. Je ne me souviens même plus si j'y suis resté vingt minutes ou deux heures, ça doit être quelque chose entre les deux parce qu'après un certains temps, quelqu'un a du se réveiller quelque part et se demander ce que faisaient les deux jeunes, la bouche complètement bée, et les yeux un peu dans le vague, dans la chambre de monsieur Lennon au milieu des Hare Krishna et des membres de la presse.

On est finalement retourné dans le lobby, mon nouvel ami et moi, encore incrédule de la chance extraordinaire qui nous avait béni ce jour-là. On venait de vivre des moments vraiment inoubliables…enfin d'une certaine façons.

Le plus ironique c'est que j'ai presque réussi à retourner dans la chambre de John. Mon père était vice-président de la programmation à Télé-Métropole et après ma première visite, je lui avais demandé de me fournir une très officielle carte de presse du canal 10 afin de retourner au 17ième étage du Reine-Élizabeth, le 17ième ciel pour moi.

Je me suis donc présenté à l'hôtel quelques jours plus tard avec ma carte officielle et mon magnétophone. On me fit monter jusque dans l'antichambre de John et Yoko pour me faire dire après une heure d'attente, que les principaux intéressés avaient besoin de repos. Peut-être avait-on vu clair dans mon jeu. Peut-être que le subterfuge de la carte de presse n'a pas fonctionné. Peut-être qu'après l'affluence des premiers jours, on vérifia de plus près les cartes que présentaient les visiteurs apparemment accrédités. Mais ce n'était pas grave. J'avais vu John. Le destin m'avait donné un coup de pouce une fois et c'était suffisant.

Au cours de l'été 1969, je suis devenu officiellement journaliste, pour Photo-Vedettes, et en décembre je rencontrerais à nouveau John et Yoko lors de leur tournée soulignant le dévoilement des panneaux-réclames "War Is Over" à travers le monde. Mais ce n'étais pas la première fois...

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«Basil», de Joey Molland

par Pierre Turgeon

Après la sortie des dernières compositions de Tom Evans complétées par Rod Roach sous le titre « Over You ( The Final Tracks ) » en 1993 et des démos de Pete Ham produits par Dan Matovina en 1997 intitulé « 7 Park Avenue » , Joey Molland nous propose à son tour sa collections de démos par le biais de son nouveau disque « Basil »

S'occupant lui-même de la production et de la distribution de son nouveau CD, Joey Molland a regroupé 17 de ses compositions enregistrées entre 1972 et 1995.

Sur la majorité des chansons ( 10 ), Joey Molland joue de tous les instruments. Pour le reste du disque, il est accompagné de 3 groupes de musiciens différents.

L'album débute avec des pièces très rythmées et se termine avec des pièces beaucoup plus acoustiques.

Les titres « I Said It's Alright », « Borderline », « Can't Stop », «Isn't That A Dream », « Miss Misunderstood » et « When » sont d'excellentes pièces nous rappelant le son Badfinger.

Le point faible de ce CD est la qualité de l'enregistrement de certains titres où le volume monte et baisse à quelques occasions.

En terminant, je recommande cet album à la clientèle régulière de Badfinger.

Pour commander votre CD, envoyer un mandat - poste au montant de 20,00$ US incluant les frais de poste plus 3,00$ US pour les frais de douane à l'adresse indiquée au bas de cette article.

De plus, pour les collectionneurs de Badfinger et de Joey Molland, il est possible de commander votre disque autographié et dédicacé à votre nom au prix de 25,00$ US incluant les frais de poste plus 3,00$ US pour les frais de douane.

Independent Artists / Basil
4737, So. Hwy 101 # 255
Minnetonka, MN 55345
U.S.A.

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Enfin, ce samedi 10 avril est arrivé!

par Jacques Harvey

Longtemps attendu par les fans collectionneurs des Beatles dont je fais parti, cette 3ième édition de marché aux puces était pour moi la 1ère fois où j'avais réservé une demi-table pour vendre mes disques à 5$ (c'est une aubaine). Finalement, je ne me résous pas à me départir de mes disques que je voulais vendre et je n'ai que quelques livres et une dizaine de disques à apporter.

Chaque fois que je vais à une réunion de ce genre, j'y vais le plus tôt possible car dès que je vois arriver quelqu'un avec une boîte de disques ou de livres, je veux être un des premiers pour "filtrer" ces trésors à la recherche de la perle rare.

Vers 9h15, j'arrive sur les lieux, je pénètre à l'intérieur de l'ancienne caserne et fut impressionner par la hauteur de l'édifice.

En avant de la caserne, Gilles Chartier et ses amis s'installent et avaient ouvert les grandes portes hautes d'environ trois mètres et qui donnaient facilement accès à la salle.

À la droite de ceux-ci, se situait un présentoir sur lequel il y avait un "artéfact" de 10" (disque) de "My Bonnie" de Tony Sheridan et "The Beat Brother 1963", valeur: 1800$. En dessous trônait le disque de "Butcher Cover", prix demandé: 750$. Au même kiosque, un 33 tours de John Lennon et Yoko Ono enregistré à un poste de radio. Il est unique paraît-il, prix demandé: 2500$.

Étaient présents, M. Jeff Leavy d'Ottawa, auteur du livre "Applelog" et M. Peter Miniaci de Toronto, éditeur du magazine Beatlology d'ailleurs annoncé déjà dans un précédent bulletin du RQAB.

À ma gauche immédiate était situé la table de M. Michel Laverdière, producteur de "Family Way" (discontinuer) remplacer par "Love In The Open Air" (Édition limitée). Il était conférencier invité et nous a appris entre autre comment il a négocié avec Paul McCartney les droits d'auteurs.

Une des plus belles tables de collectionneur privé, était située à gauche du bar et était celle de M. Denis Lajeunesse. Il y avait de tout. C'est avec celui-ci que j'ai effectué mes plus belles transactions.

Après le mot de bienvenue du président du RQAB M. Alain Lacasse en matinée, M. Roger Drolet, fondateur du Réseau, a animé avec grand talent l'événement incluant les différentes présentations, concours et entrevues.

Je termine en n'oubliant pas M. Richard Baillargeon de La Sarma, M. Pierre Turgeon vice-président du Réseau et M. Michel Pelletier infographiste du RQABulletin, qui offraient d'autres produits Beatles. Il y avait aussi M. Richard Vachon comme conférencier invité, gagnant du concours télévisé "Tous pour un" sur les Beatles à Radio-Canada. Les projections de vidéos rares ont été aussi présentés toute l'après-midi.

Finalement, il y a eu plusieurs prix de présence qui ont été tirés durant l'après-midi. Parmi ceux-ci mentionnons: le CD « Basil » offert par Joey et Kathie Molland, des CD « Photograph Smile » de Julian Lennon offert par Sony Music, de la cassette vidéo « Storytellers » de Ringo Starr de Polygram Vidéo, les cassettes vidéos « In The World Tonight » de Paul McCartney, « John et Yoko au Mike Douglas Show », « Ringo Starr And His All-Starr Band » et les posters « John et Yoko  au Mike Douglas Show » offert par SMA Distribution, les posters « Photograph Smile » de HMV Place Fleurs-de-Lys (Québec), les CD « Storytellers » de Ringo Starr par Mercury Records, les CD « Love In The Open Air » de Carl Aubut et « Chants And Be Happy » du Radha Krisna Temple par les Disques ATMA et plusieurs autres beaux prix offert les marchands sur place.

En terminant, un gros merci à la direction du RQAB et aux gens de L'Autre Caserne pour le grand succès de cette convention.

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Photograph Smile de Julian Lennon

par Isabelle Simard

Le vingt-deux mars dernier au soir, j'étais bien installée devant la télé pour voir Julian qui passait à l'émission "Le Point J" à TVA. Il chanta deux chansons, "Day After Day" et "I Don't Wanna Know" de son tout dernier album "Photograph Smile". J'ai beaucoup aimé! Après je me suis procurée l'album pour en découvrir le reste et ça m'a plu énormément.

L'album est composé de 14 titres, toutes bonnes et dont certaines d'entres elles nous font dire, maudit que c'est bon!

À part les deux chansons entendues à la télé, j'ai bien aimé. "How Many Times" et "Kiss Beyond The Catcher" pour leur petit air le "fun". Ensuite, j'ai eu un coup de cour spécial pour "Cold". Quand arrive le refrain, la voix derrière a comme un effet "flanger" (N.D.L.R. appareil qui produit un son d'écho répétitif) dedans qui donne plus "cold" encore. Dans la dernière pièce qui s'appelle "Way To Your Heart", on entend comme un son qui proviendrait d'un vinyle qui "griche" un peu tout le long. Écoutez bien et vous l'entendrez car c'est pas trop évident. C'est la seule qui sonne comme ça.

Contrairement à bien des albums de n'importe quel artiste, "Photograph Smile" est un disque pour lequel on tombe en amour quasiment dès la première écoute. Le seul défaut que je trouve, c'est que ça "swing" pas assez mais je trouve tout de même qu'il est le meilleur de toute la discographie de Julian jusqu'à présent. Alors si vous pouvez vous le procurer, vous allez voir qu'il est bon au "bout"!

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Paul à l'ombre de son band
Édition 25ième anniversaire de Band On The Run EMI 1999

par Roger Drolet

Les compagnies de disques ont souvent de curieuses idées. Il ne faut pas toujours y chercher une logique imprenable. À preuve, pourquoi EMI a-t-elle laissé passer le 30ième anniversaire de la sortie de Sgt.Pepper (en 97) alors qu'elle aurait pu ressortir un magnifique coffret incluant une version "remastérisée" de ce chef d'ouvre ? Pourquoi avoir décidé de lancer, à l'automne dernier, une nouvelle édition de l'Album Blanc (non remastérisée) pour commémorer les trente ans de la sortie originale ? Ce ne sont là que deux petites questions que j'aimerais bien pouvoir poser aux grands dirigeants de la multinationale du disque. Évidemment, je n'apprendrais peut-être pas toute la vérité.

On devine cependant facilement que le critère fondamentale pour lequel on sort un CD ou une édition anniversaire, c'est pour en vendre! À partir de ce critère, on peut spéculer sur les stratégies qui prévalent une fois que la décision est prise. Quand le produit sortira-t-il, fera-t-on un travail particulier sur l'emballage, la pochette, ajoutera-t-on des pièces "bonus"?

Depuis quelques années, on a sorti un certain nombre de nouveaux produits signés Paul McCartney. Si on fait le compte, en moyenne un album par année depuis les dix dernières années, incluant les disques studio, les "live", les "expérimentaux" et les classiques. Quelqu'un chez EMI a donc eu l'idée que le moment était venu de célébrer un événement dans la carrière solo de Paul et comme le hasard fait bien les choses, le 25ième anniversaire de Band Of The Run arrivait à grands pas!

Remettons-nous un instant dans l'ambiance de 1973: les carrières en solo des Beatles vont très bien, chacun d'eux sort un nouvel album et c'est sans compter la mise en marché des 2 albums doubles "compilations" du groupe soit "1962-1966" et "1967-1970" mieux connues sous les noms des albums Rouge et Bleu; le groupe Wings, malgré un personnel variable, prend peu à peu son envol. Après deux disques sous son seul nom (McCartney et Ram), Paul avait enregistré "Wild Life" avec sa femme Linda et quelques musiciens dont Denny Laine. "Red Rose Speedway ", sortie en avril 73, était un album un peu plus élaboré dans la composition et les arrangements, et incluant l'énorme succès "My Love"; Mais Paul est très productif et, malgré que certains de ces musiciens sont partis (les a-t-il congédiés?), à travers des séries de spectacles et des tournages pour la télévision, il s'embarque avec Linda, Denny et Geoff Emerick pour une ballade au Nigéria précisément à Lagos avec l'objectif d'enregistrer un autre disque. Nous sommes en août 73. Moins de quatre mois plus tard, un 33 tours est en magasin, il s'appelle Band On The Run et il deviendra le plus grand succès en carrière solo de Paul ; Un grand succès populaire donc, mais également un des grands disques des années soixante -dix.

Voilà pourquoi, 25 ans plus tard, on décide de se souvenir et de rejoindre un jeune public qui n'était pas là au moment où les radios jouaient "Helen Wheels", "Jet", "Let Me Roll It" et, bien sûr, la chanson-thème. On est donc invité, en début d'année 1999, à se procurer la nouvelle édition présentée dans un boîtier comprenant 2 CD. Pour ceux et celles d'entre vous qui ne l'ont pas (encore) acheté, voici quelques commentaires sur son contenu. Le coffret est très bien présenté aux couleurs de l'époque: photo, design, même le poster original, qu'on a reproduit ici en miniature. Le livret est lui aussi très beau et bien fait avec toutes les paroles et renseignements sur les chansons. On y trouve aussi des textes du spécialiste Mark Lewisohn racontant l'enregistrement et la prise de la photo de la couverture.

Puis, et c'est peut-être là ce qui vous intéresse le plus : les 2 CD. Le premier comprenant l'album original "remastérisé" et un deuxième avec des extraits musicaux inédits ainsi que des commentaires de Paul et des autres personnes impliquées dans la production.

Attardons-nous donc un peu au second CD. Probablement assemblé durant l'année 98, on peut y entendre Paul raconter des anecdotes sur les chansons et l'atmosphère prévalant lors de l'enregistrement en Afrique. On suit l'ordre de présentation originale des titres et on y intercale les extraits parlés de Denny Laine, Linda, Geoff, Tony Visconti et queques autres. Les additions musicales sont aussi intéressantes: mentionnons une prise de "Bluebird" enregistrée "live" en Australie en 1975, "Picasso's Last Words" accoustique et "Band On The Run" à la guitare sèche sur le ton comique propre à Macca.

Somme toute une pièce de collection (une autre) qui vaut le détour et probablement l'achat, si vous avez déjà en main la série complète des albums originaux ou si vous êtes un inconditionnel de Sir Paul. Si vous n'avez pas encore acheté toutes les rééditions CD des Beatles et des carrières en solo, je vous suggère toutefois d'attendre. Cette acquisition n'est pas indispensable car je considère qu'on aurait dû y inclure plus de versions inédites en studio ou "live" et y additionner d'autres chansons (et il y en a) qui ont été composées et enregistrées dans ces temps mémorables. À quand une vraie bonne anthologie de Paul?

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