Volume 5 No 1





Critique de disque...Révolution de Paul Schwartz

par Marie-Josée Pelletier

« Ah non, j'vas pas être pognée pour faire la critique d'un album de tounes d'ascenseur! » Telle fut ma première réaction à la perspective de me taper l'album classique « Revolution » de Paul Schwartz et je doute d'être la seule à entretenir cette idée préconçue face aux albums instrumentaux reprenant des chansons des Beatles. Réjouissez-vous, car aujourd'hui je vais vous aider à vous défaire d'un autre « méchant préjugé » pour ainsi contribuer à faire de vous une personne meilleure…Trêve de plaisanterie…J'ai été garochée en bas de ma chaise (ou plutôt de mon banc d'autobus) à l'écoute de cet album, car, ô surprise, celui-ci est en fait bien intéressant à plusieurs points de vue.

D'abord, précisons que cet album d'environ une heure est composé de onze pièces adaptées du répertoire de 1965 à 1970 de nos très chers Lennon, McCartney et Harrison. Celles-ci sont interprétées par un petit orchestre de cordes et d'instruments à vents, à savoir des flûtes, une clarinette, un hautbois, un cor, un basson, etc. Elles ont été choisies et agencées répondant à un concept des plus intéressants : cet album a été construit à la façon d'une  « suite instrumentale baroque ». Une suite est une forme inventée au temps de Bach qui regroupe des pièces ayant un caractère de danse. Les morceaux retrouvés sur l'album ont donc été arrangés de façon à répondre plus ou moins aux sortes de danses retrouvées dans cette forme. On retrouve donc un « Revolution » de type « gique rock and roll » et un « Norwegian Wood » avec des airs de « sicilienne ».

Je dois dire que le choix de l'instrumentation est généralement passablement génial. On retrouve de magnifiques couleurs données par la diversité des instruments se partageant la mélodie d'une pièce à l'autre et, parfois, la ligne mélodique est même reprise, avec différents timbres dans une même pièce. C'est ainsi que l'on retrouve la mélodie de « Blackbird » admirablement « chanté » par un plaintif hautbois, puis une douce flûte et enfin par un feutré cor français. Cette pièce est d'ailleurs une des plus réussies au niveau du travail d'arrangement et d'orchestration. Le choix des morceaux est aussi assez judicieux. On n'a pas seulement ramassé ensemble les chansons les plus connues et les plus entendues qui, nous le savons bien, ne sont pas toujours les plus intéressantes. On peut y entendre, entre autres, une sombre mais non moins magnifique version de « I Want You » avec contrebasse et violoncelles, une burlesque présentation de « Being For The Benefit Of Mr.Kite » et un troublant « While My Guitar Gently Weeps ». Finalement, l'orchestration parfois audacieuse rend cet album loin des endormantes pièces régulièrement entendues dans votre supermarché favori.

Vous aurez deviné que le pot s'en vient…En effet, le voici. À force de trop vouloir travailler la ligne mélodique des pièces en question, de montrer qu'il ne « garoche » pas l'originale (faut bien montrer qu'on a travaillé pour gagner sa pitance), Schwartz se retrouve parfois avec une mélodie trop saccadée, trop stylisée, pas assez chantante ou dépourvue d'élan comme, par exemple dans « Across The Universe » où le clarinettiste a l'air en dépression avancée, jouant de façon horriblement monotone la ligne chantée par Lennon (le choix de cette pièce est d'ailleurs discutable vue sa mélodie très peu élaborée). Quelquefois aussi, les pièces sont trop lentes ce qui leur enlève un peu de leur cachet, mais en général, ce disque a été bien conçu et les pièces bien interprétées.

Disons pour conclure que cet album est d'un intérêt loin d'être négligeable et que si vous voulez compléter votre collection avec des versions instrumentales de vos chansons favorites, vous pourrez peut-être trouver mieux, qui sait, mais une chose est sûre, vous risquez surtout de trouver bien pire. En tout les cas vous n'aurez pas mon disque parce que moi je le garde bon!

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Critique de livre... Révolution, Les Beatles

par Mario Morin

Le livre « Révolution les Beatles » de Jacques Volcouve et Pierre Merle et publié en 1998 chez Fayard vous permet de retrouver les 24 albums essentiels des Beatles de même que leurs 505 enregistrements commercialisés, leurs 294 chansons officielles et leurs 5 films. Ce volume de 260 pages, comprenant notamment 320 photos, donne beaucoup de détails sur les albums moins connus des Fab four comme « My Bonnie » avec Tony Sheridan, les « Decca Tapes » et surtout « Live At The Star-Club In Hambourg, Germany 1962 » sans toutefois négliger leurs albums réguliers incluant les 3 « Anthology ».

Ce bouquin nous explique au début la révolution étudiante en 1968. Nous y retrouvons également les opinions de John Lennon notamment sur les injustices dans le monde comme la guerre du Vietnam. De plus, il y a l'histoire détaillée de chaque chanson. Les auteurs consacrent aussi 26 pages avec photos à l'époque de « Sgt-Pepper's » et 58 pages à la période post-Beatles qui va de 1970 à 1998. Pour cette dernière partie du livre, Volcouve et Merle mettent en lumière les disques « Live At The BBC » et les « Anthology 1-2-3 » en expliquant avec détails toutes les chansons de ces albums. Cette partie contient aussi beaucoup de photos couleurs.

Les auteurs Jacques Volcouve et Pierre Merle ne font jamais les choses à moitié comme en témoigne leur bibliographie Beatles passé. Encore une fois, ils nous offrent un livre de haute qualité que n'importe quel fan aimerait avoir. À mon avis, je ne vois que des points positifs face à ce volume. Je n'ai rien trouvé de négatif.

En terminant, c'est une suggestion, j'aimerais que Jacques Volcouve poursuive son travail avec un livre sur les carrières solos des Beatles de 1970 à l'an 2000. Ce serait bien de décortiquer cette période de leurs carrières.

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