Volume 4 No 2





John Lennon à Calgary

par Joël Cotten

Si l'on se souvient, pour la plupart, de notre première peine d'amour, réussit-on à se rappeler de notre véritable première histoire d'amour? L'exposition "The Art Of John Lennon" qui se tenait à Calgary du 16 au 19 avril dernier et dont j'ai fait la visite, me confirme que pour moi, cette histoire est loin d'être terminée...

Le RQAB, par le biais de M.Lacasse, m'a contacté le 27 janvier dernier pour me convier à visiter cette exposition qui avait lieu dans un centre commercial calgaréen, facile et gratuit d'accès. Puisque Calgary figurait dans la liste des 26 villes de cette tournée nord-américaine (incluant également au Canada un arrêt à Vancouver, Winnipeg et Toronto), j'ai patienté près de deux mois pour y assister. Patience aujourd'hui justifiée.

Bien que depuis toujours mon estime pour l'art musical de Lennon lui soit acquis, j'ignorais comment je réagirais aux dessins de cet auteur de génie; car du texte au "gribouillage", la marge me paraissait immense. C'est oublié toutefois qu'il a fréquenté de 1957 à 1960 le prestigieux "Liverpool Art Institute" et que les arts, notamment le dessin, demeurent le premier intérêt que John a développé - bien avant la guitare. C'est donc à la fois anxieux et douteux que je suis allé faire mon investigation pour chacun et chacune d'entre vous qui ne pourrez voir et constater le réel talent de Lennon au crayon et fusain (court voyage pour moi, j'habite Calgary!)

Les deux cercles formant ses lunettes révèlent rapidement et avec efficacité à qui on a affaire: son style, sans effort pour les non-initiés comme moi, est mis en évidence et visiblement unique. Ses dessins, comme le font ses chansons, expriment avec précision ce que vivait et ressentait notre artiste peintre-poète-chanteur. Il nous entranne dans ses visions et ses sentiments qui, pour vous tant que pour moi, étaient facile à saisir lorsqu'on connant un peu l'homme et ses visées pacifiques, le personnage et sa notoriété en tant que Beatles ou ex-Beatles.

Comme il l'a exprimé ouvertement à maintes reprises, ses chansons lui tiennent lieu de journal personnel; il en va de même donc avec ses dessins; reconnantre ses dessins, c'est connantre l'homme; reconnantre l'homme en connaissant ses dessins. Et ce, tant par le style que par le contenu.

Près de 80 sérigraphies et lithographies sont exposées lors de cette présentation. Un fort pourcentage d'entre elles sont numérotées jusqu'à 300 exemplaires, d'autres jusqu'à 1000 exemplaires. Les prix? Tout dépendant des dessins, certains sont en vente à compter de 420.$ et d'autres atteignent, en prix demandé, la somme de 21000.$ (cadre non compris!). L'autographe de John Lennon, pour ces derniers, y est authentique et d'origine.

Même si je précisais en début de texte que John pratique le dessin depuis un très jeune bge, les dessins les plus anciens qu'on retrouve - ou découvre - sont ceux intitulés "Magic Birds" de 1964 et qui apparant dans son premier recueil de poésie "In His Own Write" et un suivant de 1965 et appelé "Sherlock Lennon" qui est imprimé dans son second livre "A Spaniard In The Works".

John de son vivant, avait prévu et en fait, avait exposé ses oeuvres extraits de son portfolio d'alors intitulé "Bag One" notamment lors d'une première exposition tenue en 1970 à Londres. C'est de cette période qu'on retrouve donc des lithographies autographiées de Lennon et dont je faisais mention antérieurement. Plus d'une dizaine de ses dessins ont été fait en 1968-69, en prévision de cette exposition (14 au total).

Dans la tournée nord-américaine actuelle des oeuvres de John, ce qui m'a le plus surpris en y regardant de plus près, ce sont les années auxquelles nous ramènent ses dessins; pour une majorité d'entre eux, la période comprise entre 1976 et 1978 semble avoir été des années de riche inspiration et de grande liberté artistique pour lui. Somme toute, période de quiétude pour lui qui, comme on le sait, succède à des années antérieurement mouvementées dans sa vie privée (1970-1975).

Lors de cette exposition, un autre centre d'intérêt s'y rencontre (et peut-être sujet d'une très grande curiosité si vous persistez à demeurer un profane de l'art, même l'art accessible de Lennon) et ce sont les paroles de certaines des chansons de Lennon des années Beatles ou successives à ce temps. Également en vente sous forme de sérigraphies, il m'était des plus agréables de lire ces paroles que l'on connant plus que par coeur mais écrite de la main même de l'homme qui les a chantées. En moyenne, le prix de ces sérigraphies se négociait aux alentours 85.$ et plus l'unité.

Parmi ces chansons, on retrouvait entre autres les textes des chansons "Day Tripper", "I'm So Tired", "Nowhere Man", "Revolution", "In My Life", "Woman", "Real Love", "Grow Old With Me". En tout, une bonne vingtaine de textes sérigraphiés de ses chansons.

Mes craintes se sont rapidement dissipées en examinant ce qu'exprimait John Lennon dans ses dessins. J'ai même pris un vilain plaisir à savourer ses oeuvres moi qui, je le répète, suis fort peu doué en reconnaissance artistique de ce genre. On reconnant la vie de John facilement dans ses dessins; beaucoup de soucis quant à la paix à atteindre, à l'amour qu'il voulait partager, à sa famille qui semble l'avoir comblé. Somme toute un public gagné d'avance, comme moi, et tant pis pour ceux - et il y en avait - qui n'y on vu que volonté d'un prrofit financier facile pour une personnalité de cette trempe. Au mois dans ce cas-ci, on pouvait mettre un visage sur l'artiste. L'amour de l'art pour John; la passion de l'artiste pour ses admirateurs..

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