Volume 4 No 1







Une porte, une main, une limousine et des toilettes :
l'album photo d'un voyage à New-York ;


par Yves Boivin

C'est par un beau mercredi matin de novembre dernier que Jocelyne Rochon et moi-même (fiers représentants du RQAB) avons pris la route en direction du Big Apple. Le but de ce périple est d'assister à la première Nord-Américaine de la nouvelle offrande classique de notre Beatles préféré au prestigieux Carnegie Hall à New-York. Sachant que Paul lui-même assistera à la présentation de sa pièce musicale, la décision d'y aller fut rapidement prise : on doit être là aussi.

La première partie de notre voyage s'est déroulée sans incidents, la sélection musicale aidant (un certain groupe de Liverpool). La première chose à faire dès notre arrivée sur l'île de Manhattan est d'aller chercher nos billets réservés au guichet du Carnegie Hall. Notre attention se dirige alors vers la porte de l'entrée des artistes où l'on remarque un attroupement de gens. Mine de rien, on essaie de s'informer. Finalement, on nous confirme le scoop : c'est la dernière répétition et Paul est présent. Sans hésiter, nous prenons place dans la foule. Je joue un peu de coude et je m'installe près de l'avant de la limousine qui attend devant la porte. La limousine de Paul! Ga vaut bien une photo (clic!) Après ce qui semble une éternité, Paul émerge de la porte et envoie la main, sourit à la foule et s'engouffre dans la voiture qui démarre aussittt (clic!). Paul est à quelques mètres de moi.Woh! Par la suite, Jocelyne rencontre des amis et nous décidons d'aller casser la cro{te avant le spectacle. Que voulez-vous, toutes ces émotions, ca creuse l'appétit! Nous nous dirigeons donc vers le restaurant du Ed Sullivan Theatre. On prend alors l'obligatoire photo devant la porte du thébtre (clic!). Chacune des quatre toilettes du restaurant du restaurant est dédiée à un Beatles avec des photos, articles de magazines d'époque etc. (clic! clic!, vous comprenez maintenant le titre).

De retour au Carnegie Hall, nous attendons le début du concert. L'arrivée de Paul à sa loge est saluée par un tonnerre d'applaudissement, de cris et des éclairs d'appareils photos. Décidément, cette soirée s'annonce pour n'être rien d'un récital classique conventionnel.

Le calme revenu, le Michael Thompson Horn Quartet débute la soirée avec + Stately Horn ;, pièce en trois mouvements. Le quatuor est ensuite suivi du Brodsky Quartet qui nous offre également une pièce en trois mouvements appelée + Inebriation ;. L'orchestre principal prend finalement la scène. The Orchestra Of St-Luke's interprète alors + A Leaf ; de Paul et + Spiral ;.

Après l'intermission, nous avons enfin la chance d'entendre la pièce que EMI a demandé pour célébrer ses 100 ans. En fait, il s'agit d'un poème symphonique que l'Orchestra St-Luke's a brillamment interprété. Les textures de la musique traduisent très bien l'atmosphère et la couleur des quatre mouvement du poème. La lecture de ce dernier durant l'écoute aide beaucoup. Mais la pièce est très bien structurée et s'apprécie autant sans le poème. L'imposante chorale durant les derniers mouvements est particulièrement mise en valeur et le résultat final est superbe.

La fin de la pièce a été saluée par une longue ovation où Paul a salué la foule à partir du pupitre du chef d'orchestre et a reçu de nombreuses gerbes de fleurs.

Je vous recommande fortement de vous procurer le disque + Standing Stone ; sur étiquette Angel par EMI. La présentation visuelle du disque compact est particulièrement soignée et son écoute m'a semblée plus facile que celle du Liverpool Oratorio. La couverture est une magnifique photographie prise par Linda.

En bref, j'ai passé une excellente soirée au Carnegie Hall de New-York, et je suis s{r que vous en passerez d'excellentes aussi à l'audition du CD.

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Le destin était au rendez-vous pour Richard Vachon

par Roger Drolet

Richard Vachon vit et travaille dans la région de Québec. Peut-être n'êtes-vous pas familier avec son nom, mais si on vous dit que c'est lui qui fut le grand gagnant de la série + Tous pour un ; consacrée aux Beatles, vous ferez certainement le lien. Cette émission fort populaire a été présentée en 1992 à la télévision de la SRC. Plus de cinq ans après la diffusion, le RQAB a décidé de rencontrer Richard, membre de la première heure du Réseau, histoire de mieux le connaître et de se remémorer le fameux concours. Nous avons pu comprendre la démarche d'un passionné qui a su donner un sens à son engouement pour le groupe. On a même pu apprendre un + scoop ; que Richard nous a révélé au sujet d'une rencontre d{ au hasard! Vous aimerez s{rement lire cet entretient jusqu'au bout.Roger Drolet a réalisé l'entrevue et Marie-Aude Bergeron l'a retranscrite.

R.D. Richard, peux-tu dire que tu as toujours été un fan des Beatles?
R.V. Oui depuis le première fois où je les ai vus au Ed Sullivan Show.Ga a cliqué tout de suite, puis j'ai acheté des disques, j'ai suivi leur carrière le plus possible, j'ai appris leurs chansons à l'oreille comme à peu près tous les adolescents de l'époque.
R.D. C'est donc en 1964, et tu avais quel bge?
R.V. Je suis né en 1953, donc j'avais 11 ans.
R.D. Comment se manifestait ton admiration pour le groupe lorsque tu étais plus jeune?
R.V. J'essayais de les imiter avec les gens de ma rue, dans le garage. Je n'avais pas tout à fait une vraie guitare. On faisait semblant d'être les Beatles.
R.D. Est-ce que vous débordiez du répertoire des Beatles? Faisiez-vous la même chose pour d'autres groupes?
R.V. Non, c'était vraiment les Beatles mais j'aimais aussi beaucoup les Dave Clark Five mais l'engouement c'était les Beatles.
R.D. Te souviens-tu d'un moment où tu as commencé à prendre ta passion pour le groupe au sérieux, où c'est devenu plus qu'un loisir?
R.V. Je dirais que l'Album Blanc a été un facteur déterminant. J'ai commencé à l'écouter religieusement à la période de Nokl 1968. Là, je voyais que les textes étaient plus sérieux, qu'ils avaient plus de choses à dire. Peut-être aussi que c'était moi qui comprenait plus l'anglais. J'essayais de traduire les paroles, je cherchais les mots dans le dictionnaire. C'est à ce moment que j'ai réalisé que c'était quelque chose qui allait me marquer pour un bon bout de temps. Que ce n'était pas juste une passade de chansons d'amour, puisque les thèmes changeaient. C'était eux qui menaient la révolution. Je me souviens du + summer of love ;, même si j'étais jeune. Ils avaient l'air de moins s'amuser aussi.
R.D. Est-ce qu'on peut dire pourquoi on aime les Beatles et qu'est-ce que ça à apporté dans nos vies?
R.V. Non je ne pourrais pas répondre. C'est peut-être la nouveauté, la différence, la rébellion. Je ne peux pas répondre, mais je ne sais pas si on peut faire la parallèle avec les jeunes qui découvrent Oasis. Aujourd'hui, il y a tellement de groupes, de sollicitations, de mouvements musicaux.
R.D. Est-ce que tu penses que l'influence du groupe a changé ton comportement?
R.V. C'était loin en Angleterre. Les nouvelles qu'on avait, c'était par les journaux. Il n'y avait pas de vidéos qui nous rapportaient leurs faits et gestes. J'essayais de m'imprégner des messages comme "All You Need Is Love", c'était important pour moi.
R.D. Comment as-tu appris l'existence du concours Tous pour un?
R.V. @ la télé.
R.D. As-tu instantanément décidé de t'inscrire?
R.V. Oui, je me suis dit : c'est quelque chose d'intéressant pour moi. Je suis parti en vacances, j'ai lu leurs biographies et j'ai étudié.
R.D. Là, j'imagine que les étapes de sélection arrivent, qu'on t'a choisi et on t'apprend qu'on t'a sélectionné. Quelle était l'ambiance lorsque tu t'es retrouvé sur le plateau?
R.V. Les gens étaient très gentils. Ils venaient tous me voir aux loges pour me souhaiter bonne chance.
R.D. A quoi as-tu pensé quand "on t'a dit on est en ondes"?
R.V. Ah! Je me sui dit : "Qu'est-ce que je fais là?". Il ne faut pas que je perde. J'étais stressé, je n'étais pas bien, mais ça a passé vite.
R.D. A ce moment-là, as-tu pensé réussir les trois émissions?
R.V. Je me disais si je faisais la première, je ferais les trois autres. J'avais peur de savoir sur quoi allaient porter les premières questions.
R .D. Est-ce que les questions étaient plus faciles lors des étapes de sélection ou à la télé?
R.V. La sélection était plus difficile. @ la télé, il y avait des questions relativement simples, mais il y avait le facteur stress.
R.D. En dehors du prix en argent, qu'est-ce que t'a rapporté cette victoire?
R.V. J'ai compris pourquoi j'aimais les Beatles autant que ça, pourquoi une partie de ma vie et de mon budget avaient été consacrés à ça et pourquoi j'ai posé tous ces gestes : acheter une guitare, des livres, aller en Angleterre.
R.D. Avec l'argent, t'es-tu acheté des choses concernant les Beatles que tu ne pouvais te payer avant?
R.V. J'ai acheté la collection en compact, mais je ne me suis pas payé des grosses folies. J'étais déjà allé en Angleterre et j'ai même eu la chance de tomber face à face avec Paul McCartney à la première de "Give My Regards To Broadstreet" en 1984. Comme par hasard, je passais devant le cinéma et j'ai demandé à un policier pourquoi il y avait des barricades devant la salle. Il m'a répondu que c'était la première du film de Paul. J'ai sorti mon appareil photo et il s'est arrêté devant moi. A cette occasion, j'ai aussi vu Ringo et George Martin.
R.D. Penses-tu qu'il y a encore des choses à "extraire" de l'oeuvre des Beatles? Penses-tu qu'ils vont encore nous arriver avec du nouveau?
R.V. Pour le commun des mortels peut-être que c'est fini, mais pour les vrais maniaques, ce qu'on voudrait, c'est écouter toutes les bandes. L'anthologie nous a un peu permis ça. Ce qui m'intéresse beaucoup aussi, ce sont les interprétations que les autres font de leurs chansons.
R.D. Merci beaucoup Richard je te souhaite de recroiser un jour Paul McCartney ou Ringo Starr dans la rue. Et, encore une fois, félicitations pour le concours "Tous pour un" de la part de tous les membres du RQAB.
Lors de l'enregistrement des émissions "Tous pour un", on préparait toujours une question que l'on pourrait poser au public téléspectateurs pour dépanner le candidat et ainsi lui permettre de poursuivre le jeu, au cas où il aurait une malchance. Heureusement, ce n'est pas arrivé à Richard. Mais celui-ci nous a révélé quelle était cette question à laquelle on aurait pu répondre s'il avait été moins "parfait". Nous la reproduisons ici et vous pourrez juger par vous-mêmes si vous auriez pu y trouver réponse.
Qui a enseigné la sitar à George Harrison?

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Ringo, le "beat" des Beatles

par André Michaud

Si vous consultez le grand livre officiel du fan-club Beatles de Québec (1965-66), vous aurez la confirmation que le membre no. 209 c'était moi et que mon Beatle favori était à l'époque Ringo. La raison principale était que la musique des Beatles me donnait le go{t de participer à la musique, et que les baguettes de drum coûtent moins cher qu'une guitare. J'écoutais les chansons, baguettes en main, tapant sur des livres et des couvercles de métal en tentant de reproduire la partition de batterie. C'est ainsi que je fis plus concrètement connaissance avec Ringo.

Au début c'était un batteur avec un style plutôt comme les batteurs qui pratiquaient avec des orchestres dans les garages près de chez-moi ; le rythme de dance (cha-cha comme "Do-You Want To Know A Secret", slow-valse comme "A Taste Of Honey") et les roulements de caisse claire comme dans "Boys". Déjà dans le deuxième album (1963) il introduit deux rythmes pour la même chanson dans "All I've Got To Do" (changement de rythme à 15 sec.) et une percussion africaine sur la chanson de Harrison "Dont Bother Me". Dans "Not A Second Time" il laisse passer quelques mesures avant de faire entrer la batterie à 0.07; une idée qui reviendra plus tard. Sur Beatles For Sales (64) on y retrouve quelques accents de timbales (What You're Doing) et la pièce "No Reply" avec sa rythmique subtile. Sur l'album Help (65) quelques autres petites perles rythmiques comme le changement de rythme dans "Tell Me What You See" (à 1.05), rythme superposé au rythme cha-cha des guitares dans "It's Only Love", des bongos faisant polyrythmie avec la batterie comme dans "You're Gonna Loose That Girl" et "I Need You" , et que dire du rythme de "Ticket To Ride" avec là encore un changement de rythme dans la même chanson.

Georges Martin a déjà confirmé le rôle primordial de Ringo dans le son Beatles lorsqu'il mentionnait qu'il était souvent celui qui trouvait le rythme le plus approprié selon la chanson. Un tempo jamais trop lent ou trop précipité, toujours collé à la chanson pluttt qu'à un style déterminé ou une performance prenant trop de place dans la chanson. Avec Rubber Soul (65) c'est le début de l'expérimentation sonore pour les Beatles et la rythmique de Ringo sur "Drive My Car", "You Won't See Me", "In My Life" , "The Word" (roulements à 0.21 et o.28 ) démontre que Ringo entend participer activement à cette exploration sonore. En 65, Ringo a aussi une rythmique intéressante sur "I Feel Fine" et du punch sur "Day Tripper".

Sur Revolver (66) il débute l'album en lion dans "Taxman" avec sa rythmique solide et ses roulements à contretemps (0.20), sans oublier le rythme enlevant et le son saturé de cymbales dans "She Said, She Said" ou les débuts dans "Tomorrow Never Knows" des sons produits en utilisant des serviettes dans son "bass drum". Technique de sourdine qu'il étendra aux autres parties de la batterie avec Sgt.Peppers. Mais il ne faudra pas oublier la pièce que Ringo considère comme une de ses favorites "Rain", pièce enregistrée plus vite puis ralentie intentionnellement.

Avec la parution de "Strawberry Fields" c'était bien annoncé le brio rythmique de Sgt.Pepper's (67). Qui a entendu "With A Little Help From My Friends" ne peut oublier la sonorité des "toms", particulièrement entre le premier et le deuxième couplet (0.40) Et que dire de sa magistrale performance dans "A Day In The Life", sans parler de tous ces rythmes subtils comme dans "Getting Better" ou cet hybride de valse qu'est "For The Benefit Of Mr.Kite". C'est en 67 que paraît aussi le 45 tours "Hello Goodbye" avec un autre bijou rythmique de Ringo, spécialement dans la partie instrumentale du milieu de la chanson (1.15).

Sur l'album blanc "The Beatles" on retrouve encore cette idée de marquer le temps différemment dans un style donné. Ainsi dans "Yer Blues" le temps n'est pas du tout marqué de la même façon que dans un blues standard. Les roulements de batterie comme dans l'intro de "Savoy Truffle" sont aussi partie intégrante au style personnel de Ringo. On retrouve ce style de roulements à la fin de "It's All Too Much" (69), une pièce qui encore une fois a une rythmique bien particulière. Sur la chanson "Hey Jude", remarquez la façon dont Ringo fait son entrée ; une suite de roulements (.50) dans le plus pur style Ringo.

Avec "Abbey Road" (69) Ringo comme les autres Beatles finissent en lion (Let It Be fut enregistré avant). Dès le départ, Ringo met le paquet dans "Come Together" une chanson blues avec le beat marqué subtilement par la batterie et la basse. Une prestation qui a confondu bien des sceptiques. "I Want You" est un autre de ces blues revus rythmiquement à la sauce Beatles. Dans "Something" (1.15) et "Oh Darling" (1.03) encore ces roulements à la Ringo poussés en douceur aux bons endroits. "Maxwell's Silver Hammer" nous donne l'occasion d'apprécier le jeu entre la cymbale à coulisse et le bass drum qui est aussi partie du style Ringo (vous vous souvenez de "Yellow Submarine"?) Et que dire de la face B du disque ou Ringo démontre son efficacité à rester collé aux chansons, marquant subtilement les temps forts et sachant se retirer lorsque l'esprit de la chanson le demande. Et dans "The End", Ringo nous lève son chapeau pour un mini-solo de batterie final. pour ce qui est des Beatles.

Comme batteurs des Beatles, Ringo avait un style bien à lui, ce que bien des techniciens de la batterie n'ont jamais su posséder. Ringo ne pratiquais jamais en solitaire des techniques de batterie. Il avait pluttt cette attitude "zen" de vivre le moment présent, s'adaptant aux chansons que lui jouaient les 3 autres Beatles compositeurs. Cet art plein de simplicité et d'efficacité est un modèle pour tous les batteurs qui pensent en terme de chanson avant de penser en terme de performance.

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John et Yoko:
Expérimentations et communications

par Alain Lacasse

Il y a 30 ans cette année, John Lennon entamait sa carrière solo. Parallèlement à la carrière des Beatles, John décidait de tracer sa propre voie avec Yoko. En 1997, la compagnie de disque Ryko a sorti au Canada tout le catalogue discographique de Yoko Ono incluant les 3 premiers albums en duo avec John chez Apple/Zapple.

Ce qui ressort de ces oeuvres est une recherche sur la communication dans un couple, un homme et une femme, John et Yoko en amour. L'aspect sonore de ces oeuvres est à la fois marqué par la recherche sonore et musicale des Beatles à cette époque (ex. Revolution no.9, Flying, Being For The Benefit Of Mr.Kite, etc.) et le courant minimaliste et musique actuelle très en vogue dans l'underground new-yorkais des années 60 dont John Cage, qu'affectionnait Yoko, était un de ses chefs de file.

Unfinished Music No.1=Two Virgins sorti à l'automne 1968 chez Apple a créé une véritable commotion chez les fans des Beatles et dans le public en général. La photo de la pochette montrant John et Yoko nu a provoqué tout un scandale. Toutefois, nous avons peut-être oublié l'oeuvre. Lennon à la guitare et aux effets sonores électro-acoustique et Ono au chant (?) apprennent timidement, parfois avec réserve et maladresse, à communiquer, échanger, prendre contact. Bref, ils essaient de se connaître. Ce disque pourrait aussi avoir comme sous-titre "Premières fréquentations" autant du point de vue personnel qu'artistique.

La version CD de cet album inclus en bonus la chanson "Remember Love" de Yoko. Cette très belle balade est originalement paru en face B du 45t "Give Peace A Chance" en 1969 et, comme ce dernier, a été enregistré à Montréal.

Unfinished Music no.2 = Life With The Lions est sorti en mai 1969 simultanément avec "Electronic Sounds" de George Harrison sur l'étiquette Zapple, le label expérimental de Apple qui n'aura finalement que ces deux titres à son catalogue.

Le thème de la communication personnelle et artistique entre John et Yoko évoluera avec cet album. Cette fois, l'expérimentation musicale quittera la maison, où avait été enregistré + Two Virgins ;, pour affronter le public avec "Cambridge 1969" sur scène. John avec ses "feedbacks" à la guitare et Yoko au chant communiqueront entre eux avec leur propre instrument (guitare et voix). En fait, ils cherchent le langage commun idéal pour échanger. @ la fin de la pièce, des musiciens s'ajoutent au couple pour enrichir l'ambiance sonore. @ l'exception de cette pièce enregistré en 1969, les autres l'ont été à l'automne 1968 dans la chambre de Yoko lors de son hospitalisation. "No Bed For Beatle John" est une chanson accapella interprété par Yoko et occasionnellement en duo avec John. Cet oeuvre en prose raconte le quotidien du couple. "Baby's Heartbeat" est comme son titre l'indique l'enregistrement des battements de coeur du foetus que portait Yoko à ce moment-là. "Two Minutes Silence"? C'est vraiment 2 minutes de silence. Certains diront que c'est la meilleure pièce (blague). "Radio Play" est une pièce dans laquelle John joue avec les bruits que fait le synthonisateur de radio. Le CD offre 2 chansons bonus inédites : "Song For John" est une très belle balade chantée par Yoko accompagné à la guitare acoustique par John. Yoko au chant et John à la guitare "slide" acoustique interprète "Mulberry". Ces chansons ont été enregistré en 1968.

Wedding Album, enregistré au printemps de 1969 et paru chez Apple à l'automne de cette même année, est l'aboutissement de la démarche expérimentale du couple. Des trois disques expérimentaux, c'est le plus réussi. Encore une fois, l'album résume le quotidien et le travail artistique de Lennon et Ono. C'est d'ailleurs à cette époque qu'ils se sont mariés.

"John And Yoko" est la meilleur pièce des 3 disques. Enregistré aux studios Abbey Road, ce morceau consiste pour le couple à dire le nom du conjoint (Yoko pour John et John pour Yoko) avec un ton, une expression et une émotion qui répond à celui de l'autre (ex. tendresse, gêne, agressivité, etc.). le résultat est concluant. La pertinence, la force, l'émotion sont là. L'harmonie est créée dans le couple tant au niveau personnel que professionnelle. John et Yoko forment maintenant, à l'instar des Beatles, une entité. Ce sera trop pour John d'assumer deux identités. Il en choisira une que l'on connaît maintenant (adios les Beatles). L'autre pièce s'appelle "Amsterdam". Elle s'ouvre par une chanson accapella de Yoko "John,John(Let's Hope For Peace)" et est suivi par le résumé audio du 1er "bed-in" pour la paix du couple à Amsterdam en Hollande. Le montage est excellent. La pièce se termine par une chanson de Yoko sur une musique de John qui deviendra plus tard "Because" (les accords de guitare sont très similaires) et une interprétation accapella par John de "Good Night"(chanté par Ringo sur l'album blanc). Magnifique. La version CD de l'album contient trois chansons bonus de Yoko : "Who Has Seen The Wind ?" (face B du 45t "Instant Karma"), "Listen, The Snow Is Falling" (face B du 45t "Happy Xmas") 2 excellentes chansons et une version inédite acoustique de "Don't Worry Kyoko" datant de 1968. De ces trois disques expérimentaux, "Wedding Album" est incontestablement le meilleur. @ partir de ce moment, John et Yoko décideront d'exprimer ce qu'ils sont et pensent (la paix, l'amour, etc.) et passeront par la chanson pour rejoindre le plus de gens possible. Leur démarche expérimentale a été une réussite, il faut maintenant passer à autre chose. Ga prenait John et Yoko pour créer de tels disques expérimentaux et le contexte culturel et artistique des années 60 pour le permettre. Malgré que certaines personnes soient rébarbatives à ce genre musical, il n'en demeure pas moins que ce sont des disques-charnières pour comprendre et apprécier la démarche et l'.uvre artistique de John Lennon et Yoko Ono. La 1ère édition de ces CD est numérotée, ce qui peut être fort intéressant pour un collectionneur. D'autre part, l'emballage nous fournit des photos forts intéressantes. Bref, la présentation est soignée et le son excellent.

Je me permets finalement de vous rappeler que ce ne sont pas des disques avec un contenu accessible à tous car il y a des amateurs des Beatles et de Lennon qui peuvent détester ces enregistrements. Vous êtes prévenus.

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