Volume 2 No 4





Paul "live" au Forum
9 décembre 1989

  En septembre 1964, quand les Beatles viennent à Montréal, je suis une Beatlemaniaque de 8 ans et je n'ai pas la permission d'aller les voir. Vous comprendrez mon "émoi" lorsqu'en juin 1989 on annonce que Paul McCartney sera à Montréal en décembre. Je passe sous silence l'épisode de l'achat du ticket to ride (une longue histoire triste!) ainsi que les mois d'agonie qui suivront, pour arriver enfin à la journée du 9 décembre 1989. À Montréal, c'est la journée McCartney. Sur toutes les radios on entend que du Macca ou du Beatles et à 16hrs on diffuse une conférence de presse donnée par l'illustre invité à un endroit tenu secret! Bien sûr je n'ai rien bouffé de la journée et à 18 hrs, je suis chez mon copain prête à me faire conduire (je ne peux faire ça non plus, les "nerfs en bicycle", que voulez-vous!) au Forum.

  Dès notre arrivée, je me "garoche" sur une (plusieurs!) copies du magnifique programme que Paul offre gratuitement aux chanceux qui se trouvent là. 19hrs 30, nous sommes bien assis et le temps semble ne plus avancer. L'atmosphère est chaleureuse, mais personne ne tient vraiment en place.

  Vers 20h45 (ou 2 jours plus tard, ça m'a paru tellement long!)... les lumières se tamisent et on assiste à un superbe montage vidéo qui nous ramène à l'époque des Fab 4 puis...apparaît le mot N O W. Vous décrire l'agitation de la foule à cet instant précis (bien que l'image soit à jamais gravée dans ma mémoire) n'est pas évident. L'émotion est tellement forte (et les cris tellement stridents) que je suis certaine que les 12 000 adultes debout, les bras en l'air et s'égosillant à tout rompre n'ont, à cette seconde, que 13 ou 14 ans.

  Alors, La Légende entre en scène... il nous accueille timidement d'un signe de la main... le délire est à son comble (et les kleenex à l'honneur)... La musique commence, on se calme un peu sur les premières notes de Figure Of Eight mais, dès la fin de la chanson Paul nous dit: Bonsoir Monsieur, Madame. Comment-allez-vous? Nouveau délire!... On se rassoit (quelques minutes seulement) pour se relever dès la première note de Got To Yet You Into My Life... On ne se calmera plus et pendant 2 hrs30 on accompagnera de nos voix l'auteur le plus prolifique de tous les temps.

  Lorsque Paul nous annonce que c'est presque fini, comme des enfants on accueille la nouvelle en huant. Il nous rassure très vite et le "party" continue. Au premier rappel, il s'amène, seul sur la scène avec sa guitare, vêtu d'un chandail des "Canadiens" identifié McCartney 1 et il nous chante (enfin, on chante) Yesterday (pas beaucoup de yeux secs à ce moment là!). Puis, les musiciens reviennent et le "party" se poursuit pour un moment encore. L'enchantement s'éteindra sur les dernières notes du Golden Slumbers et Paul nous quittera en nous rappelant que: "And in the end, the love you take is equal to the love you make! Ça m'a "achevée"! Des larmes de joie et de tristesse accompagneront la fin du plus beau spectacle de toute ma vie et remonteront à la surface chaque fois que j'essaierai d'en reparler.

  Je crois que tous ceux et celles qui ont assisté à ce "show" n'oublieront jamais l'émotion indescriptible qui l'accompagnait (sans parler du son, de l'éclairage et de la voix de Paul qui étaient incroyables) et qui ont fait, selon les critiques, un des plus beaux spectacles jamais présentés à Montréal.
Anecdotes: j'ai lu par la suite dans Beatlefan que Montréal est le seul endroit où Paul aurait dit "There's a party going on here tonight!". En 1993, ses musiciens commentaient, au sujet du "show de Montréal en 89": La température la plus froide, mais la foule la plus chaleureuse!)
Et si Paul revenait à Montréal en 1997?

 

John, plagiaire? Fouillons donc un peu...

  Larousse écrit à plagiaire: " auteur qui donne comme sien ce qu'il a pris à autrui". Oui, le RQAB s'est posé la question: John a-t-il commis une telle faute lorsqu'il a signé Happy Xmas (War Is Over), cette superbe chanson du temps des fêtes datant de 1971, que nous entendrons encore plusieurs fois sur nos ondes au cours des prochaines semaines?

  On sait que cette pièce s'est imposée comme un véritable classique du répertoire de Noël, contrairement à la chanson Wonderfull Christmas Time de Paul qui aurait certainement aimé réussir le même exploit que son collègue et ami; mais c'est un autre sujet...

  Examinons un instant la composition de John (d'ailleurs créditée à John et Yoko). Je vous suggère un petit exercice intéressant: écoutez donc attentivement la pièce Stewball signée Rinzler-Yellin-Herald et crée sur disque par Peter, Paul et Mary en 1963. J'ai toujours considéré qu'il y avait une parenté évidente entre les deux chansons. Je me suis même demandé ce qui retenait les auteurs-compositeurs de Stewball d'intenter une poursuite en justice contre John (ou sa succession: Yoko) pour cause de plagiat.

  Évidemment, pour clarifier cette histoire, il faudrait pouvoir demander à John s'il connaissait l'autre chanson lorsqu'il a composé la sienne, car celle-ci a été endisquée huit ans plus tard. Théoriquement, il se peut donc, peut-être même sans s'en rendre compte, qu'il ait pu reproduire cette chanson après l'avoir entendue quelques années plus tôt. Si tel est le cas, John et Yoko pourraient effectivement être condamnés à verser certaines sommes d'argent aux auteurs à qui appartiennent les droits d'auteurs de cette composition.

  Certains se rappelleront sans doute que George avait été victime d'un long et difficile procès dans les années soixante-dix à la suite d'une action en justice intentée par Ronnie Mark, auteur-compositeur de la chanson He's So Fine (popularisée par The Chiffons) qui prétendait que My Sweet Lord avait été calquée sur sa chanson. George fut condamné à payer près de 600 000$ à l'éditeur de la pièce!

  John a aussi eu ce genre de problème puisque nul autre que le grand Chuck Berry lui reprocha d'avoir "emprunté" la mélodie d'ouverture ainsi que les deux premières lignes d'une de ses compositions pour Come Together. dans ce cas, il y eut un arrangement hors cour qui força John à enregistrer deux pièces de Berry sur disque. Cela fut fait lors des sessions de l'album Rock'n Roll en 1975, à la satisfaction des deux parties.

  Compte tenu de leur notoriété et de l'auditoire considérable rejoint par leurs chansons, on ne peut décemment croire que John ou George aient délibérément copié des chansons de d'autres musiciens sans en citer la provenance.
Il demeure cependant que cette parenté musicale entre différentes chansons fait voir que l'inspiration artistique peut, de manière aléatoire, "dicter" des thèmes ou des mélodies aux créateurs. Ceux-ci mémorisent quelquefois des phrases musicales ou des segments de textes qu'ils incorporeront ensuite dans leurs compositions personnelles, sans se rendre compte qu'ils copient une oeuvre déjà existante. Et si cette pratique est parfois involontaire, certains musiciens ne se gênent pas pour maquiller des créations (musicales ou autres) et les faire passer pour les leurs. Cela est, bien entendu défendu par la loi du droit d'auteur, sans oublier que des redevances importantes peuvent ainsi échapper à ceux et celles qui les ont méritées.

  À ce chapitre, les Beatles sont carrément parmi les artistes les plus copiés, pour des raisons évidentes. Que voulez-vous, quant on est au faîte de la gloire et de la richesse, on a du mal à échapper à cette escroquerie qui se déguise souvent en hommage.

  Mais revenons à Stewball, car une autre ambiguïté subsiste à nos yeux: la version française interprétée par Hughes Aufray porte l'inscription H.Aufray-P.Delanoé-d'après folklore. Cela signifierait que la pièce appartient au domaine public (c-à-d. qui ne nécessite plus de paiement de droit d'auteur) et dont les paroles françaises sont signées Aufray et Delanoé!

Qui dit vrai?