Volume 11 No 2





McCartney raconte son passé

par Alain Lacasse

C'est en 1997 qu'est paru pour la première fois en anglais le livre " Many years from now " de Barry Miles. Miles a interviewé Paul McCartney entre 1991 et 1996 pour qu'il raconte sa jeunesse ainsi que sa vie et sa carrière jusqu'à la fin des années 60. Quelques années plus tard, l'ouvrage fut offert en version de poche avec une mise à jour du texte. Il a fallu attendre l'automne 2004 pour que Flammarion nous offre enfin la traduction française de ce bouquin grâce au travail de l'auteur français Meek. Le titre français officiel est : " Paul McCartney : many years from now. Les Beatles, les sixties et moi ".

C'est vraiment un très bon livre. Certes, on y retrouve beaucoup d'informations que les amateurs des Beatles connaissaient grâce à d'autres livres. Par contre, c'est Paul qui raconte ici les choses. On y trouve des propos qui sont propres au livre et qu'on n'a jamais lus ailleurs, même pas dans le livre " Anthology " des Beatles.

Paul y parle de son enfance et des difficultés familiales notamment l'aide de la parenté après la mort de sa mère. Il raconte aussi le courage de son père, ses années d'études, sa passion pour la musique, sa rencontre avec John, la carrière des Quarrymen et les débuts des Beatles, etc. McCartney est très précis dans ses souvenirs. Il nous dit quand et où a été composée tel chanson et qui l'a écrite (Quoique la majorité d'entre elles furent co-écrites comme il le mentionne lui-même).

Le célèbre bassiste des Beatles raconte aussi les années de formation à Hambourg, l'impact de Brian Epstein sur le groupe et sur chacun des membres, les débuts discographiques chez Parlophone et les relations avec George Martin. Paul raconte son arrivée à Londres. Son séjour chez les Asher a été déterminant dans son évolution. Ce fils de la classe ouvrière découvrait la bourgeoisie anglaise. Il parle de sa relation avec Jane et de son amitié avec Peter. C'est ce dernier qui lui fera découvrir la faune artistique londonienne, notamment le monde des Beaux-Arts. Certes, il connaissait déjà l'art par le biais de l'école, John, Stu et Astrid mais là c'est autre chose. Il découvre l'art contemporain, les impressionnistes et surréalistes français, la musique classique, expérimentale de John Cage, la culture underground et le " Swinging London ". Il y a aussi les rencontres marquantes avec John Dunbar, Marianne Faithfull, William Burroughs, Peter Blake, Antonioni et bien d'autres. Tout ceci a marqué Paul comme homme mais aussi comme artiste.

McCartney parle des tournées des Beatles, de la première visite aux Etats-Unis, des films " A hard day's night " et " Help " mais aussi des compositions des Beatles pour leurs disques. On y apprend par exemple que " Eleanor Rigby " a été composée sur le piano droit de la famille Asher et que Marianne Faithfull qui l'avait entendue par Paul voulait l'enregistrer. Paul refusa net. " Here, there and everywhere " fut écrite à Weybridge chez John Lennon pendant que ce dernier dormait. " For no one " est née pendant des vacances que Paul et Jane passèrent en Suisse. Il y a aussi de nombreuses anecdotes sur les sessions d'enregistrement concernant " Tomorrow never knows " et " Rain ". Une autre anecdote : c'est Jan, épouse de Ivan Vaughan, qui aida Paul pour les paroles du refrain de la chanson " Michelle ". Elle enseignait le français et traduisit les paroles du refrain de façon à ce que le tout rime dans le sens souhaité par Paul.

Cette biographie de Paul McCartney aborde aussi les années post-Beatles mais de façon plus rapide. McCartney commente ses liens avec ses ex-confrères et sa vie personnelle durant les décennies 70, 80 et 90. En fait, on se rend jusqu'à l'été 2004. Néanmoins, ces années passées mériteraient à elles seules un autre tome, sinon plusieurs autres. Souhaitons-nous le.

" Paul McCartney : many years from now. Les Beatles, les sixties et moi " est un excellent livre. Il est facile à lire et fort intéressant. On apprend à mieux connaître et comprendre Paul. Il ne se veut pas critique envers l'œuvre ou le personnage mais McCartney livre avec honnêteté ses souvenirs et opinions. Meek a fait un très bon travail de traduction. On y retrouve plusieurs photos en noir et blanc dont certaines peu connues. Barry Miles est un ami personnel de McCartney. Il ne s'en cache pas et partage, dans un sens, les souvenirs qu'il a en commun avec ce dernier. Cependant, on sent son désir de laisser vraiment la parole à Paul. D'autre part, la bibliographie du livre est particulièrement exhaustive.

Je vous recommande fortement le livre " Paul McCartney : many years from now. Les Beatles, les sixties et moi " de Barry Miles. C'est publié chez Flammarion et disponible dans toutes les bonnes librairies. Cette biographie, en couverture souple contrairement à l'édition originale anglaise à couverture rigide, se vend près de $40..Mais elle en vaut la peine. Vous avez quand même ici un ouvrage de 700 pages dans lequel vous découvrirez des informations qui n'ont jamais été publiées auparavant.
Bonne lecture !

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Convention Beatles du RQAB à Québec

par Michel Laverdière

C'est toujours un plaisir d'aller à Québec et quand c'est pour joindre l'utile à l'agréable, y'a pas de meilleure raison. Bon, c'était le dixième anniversaire du Réseau Québécois des Ami(e)s des Beatles, Carl Aubut allait y être pour souligner le 10e anniversaire de l'enregistrement du Family Way et de sa rencontre avec Sir Paul McCartney et le groupe Beatles Forever allait jouer en soirée. Impossible de trouver une excuse à moins d'un réel empêchement : maladie ou mortalité, ce qui était effectivement hors de question.

Petits bémols : fallait oublier la belle ville de Québec pour se contenter de son postérieur, Limoilou. Je sais, ce n'est pas gentil pour les gens de Limoilou mais ça ne change rien au fait que Limoilou est laid. Faut pas avoir peur de la vérité. Même la salle du centre Mgr. Marcoux - bien que fonctionnelle - est aussi laide qu'une vieille salle paroissiale de l'époque Duplessis. Tout est brun et terne. Mais rassurez-vous, ici s'arrête la critique.

Une fois la porte franchie, la déception du lieu digérée, le plaisir renaît de ses cendres et se renouvelle au fil des rencontres. En fait, peu importe où se tient la convention, l'important, c'est de se retrouver à nouveau et goûter le plaisir de découvrir et redécouvrir l'inépuisable héritage que nous ont laissé les Beatles. Je n'avais pas vu Carl Aubut depuis fort longtemps et c'est avec un immense plaisir que nous avons écouté son entretien avec Roger Drolet. Généreux, Carl a partagé avec nous le récit de son expérience extraordinaire, de l'enregistrement de l'oeuvre jusqu'à sa rencontre à Londres avec Paul McCartney, et il n'a pas hésité à aborder sans fausses retenues les répercussions positives et négatives que cet événement a eues sur sa vie en général. Carl Aubut est en paix avec lui-même et son récit est empreint d'une grande lucidité.

Il y a eu aussi rediffusion du concert des Beatles à Paris en 1965, l'intégrale de l'entrevue de Paul McCartney qui a servi au film " L'Univers classique de Paul McCartney " et un montage de films-maison autour de John Lennon : document plutôt incompréhensible et impossible à suivre dans cette salle.

Malheureusement, j'ai manqué l'entrevue des membres de Beatles Forever qui nous parlaient de leurs instruments et de la logistique nécessaire afin de bien interpréter les chansons des Beatles sur scène. Mais, je n'ai pas manqué le spectacle !

Première partie : Twist & Shout... tout le monde est rassuré, le son est bon, les gars jouent bien : c'est parti. Suivent des chansons qui font preuve d'originalité de la part du groupe : It Won't Be Long, Misery, Things We Said Today, Honey Don't, Baby It's You, And I Love Her, Any Time At All, If I Needed Someone, You Can't Do That, Eight Days A Week, Help, Ticket To Ride, You're Gonna Loose That Girl, I'll Be Back, Norwegian Wood - avec David Jacques au sitar, Day Tripper, Yesterday, Nowhere Man et She Loves You.

Deuxième partie : Free As A Bird, Come Together, Something, Revolution, Don't Let Me Down, Instant Karma, The End, Here Comes The Sun, Get Back, The Ballad Of John& Yoko, Hey Jude, Hey Bulldog, Hello Goodbye, Drive My Car et Money...

Spectacle généreux et bien rodé. Les gars chantent bien, mais " Paul " est le plus faible comme chanteur soliste : bon bassiste et excellent choriste, il a réussi à massacrer Hello Goodbye, mais c'était vers la fin du concert. On ne lui en tiendra pas rigueur sauf qu'il sera privé de dessert. Je me permets d'émettre une opinion tout personnelle à savoir que le look importe peu et je trouve qu'il est inutile de s'affubler de perruques ou de costumes. On le sait que ce ne sont pas les vrais Beatles. J'aime bien voir de bons musiciens jouer de bonnes chansons : je ne leur demande pas de faire semblant d'être les vrais... À moins d'une ressemblance frappante - je pense au groupe The Musical Box, certes le meilleur groupe hommage à Genesis au monde ou T.Rextasy, groupe hommage à T.Rex en Angleterre et dont les solistes peuvent prétendre à la perfection du personnage - la musique en elle-même suffit amplement pour créer l'ambiance d'un bon concert. Cette remarque mise à part, Beatles Forever mérite d'être vu et entendu.

Idem pour toute Convention du RQAB, à Québec ou à Montréal, faut y aller car, comme on le dit si bien, " A splendid time is guaranteed for all ". J'ai déjà lu ça quelque part, mais où ?

N.D.L.R. Le RQAB tient à remercier Alliance Atlantis Vivafilms, EMI Music Canada, les éditions Flammarion, les éditions Portrait Music Book, les disques XXI et M. Gilles Lafrance pour les prix de présence ainsi que le personnel du Centre Mgr. Marcoux, M. Daniel Tanguay et son équipe, M. Carl Aubut, le groupe Beatles Forever et l'équipe qui a organisé cette convention.

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